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le 20 janvier 2016 - voeux du Groupe des Parlementaires pour l’Espace

Discours des vœux du Groupe des Parlementaires pour l’Espace

Mercredi 20 janvier 2016

Assemblée nationale

Madame la Ministre, Chère Geneviève,

Mes chers collègues députés et sénateurs

Monsieur le Président du CNES, Cher Jean-Yves

Monsieur le Président de l’ONERA, Cher Bruno

Messieurs les Présidents Directeurs Généraux,

Chers amis,

C’est une nouvelle fois avec un très grand plaisir que le GPE vous accueille ce soir pour célébrer ensemble la nouvelle année. Vous êtes venus nombreux et je vous en remercie très chaleureusement.

C’est particulièrement agréable pour moi de présider les vœux du GPE, car 2015 a été une très belle année pour le secteur spatial français et européen, certainement même une année exceptionnelle. Il faut s’en réjouir. Il est plus que jamais important de célébrer les succès, les prouesses technologiques, les projets qui se sont concrétisés, et ceux qui se sont scellés.

Il est également important de saluer le travail commun de vos équipes qui, à tous les niveaux, sont les acteurs de ces belles réussites et du rayonnement de notre pays à travers le monde.

2015 a été placée sous le signe du climat avec la tenue au mois de décembre de la COP 21. Le succès diplomatique de la Conférence est incontestable. La COP 21 a aussi été l’occasion pour la communauté spatiale française et européenne de se mobiliser, d’être inventive, créative et de faire savoir au plus grand nombre, que le spatial est aujourd’hui indispensable pour vivre mieux sur Terre.

Il a été rappelé que sur les 50 variables climatiques prises en compte dans la lutte contre le changement climatique, 26 sont issues du spatial. Ce chiffre est particulièrement remarquable … Il démontre, s’il en était encore besoin, que le spatial est incontournable et que nous devons non seulement soutenir ce secteur d’avenir mais aussi accentuer nos efforts pour conserver notre excellence…. La COP 21 a aussi permis de confirmer la réalisation de deux grands programmes satellitaires pour mesurer la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ce sont les satellites Microcarb et Merlin. La COP21 a également été l’occasion de consacrer le rôle indispensable joué par les satellites Jason pour mesurer l’augmentation annuelle du niveau global des océans. Son dernier joyau, Jason 3, s’est d’ailleurs envolé dimanche dernier et permettra d’assurer la continuité de ces mesures.

Je tiens au nom du GPE à féliciter toutes les équipes du CNES, et ses partenaires, qui ont travaillé sur ces programmes.

Le changement climatique a également été discuté à Jérusalem lors de la réunion parlementaire internationale organisée par l’IAF en octobre dernier. J’en profite pour renouveler mes félicitations à Jean-Yves Le Gall pour son élection à la présidence de l’IAF et je lui souhaite au nom de mes collègues bonne chance dans l’exercice de son mandat.

Le GPE s’est rendue à Jérusalem et a pu échanger avec les délégations Sud-Africaines, Mexicaines, Chinoises mais aussi Européennes, sur l’apport des technologies spatiales dans la lutte contre le réchauffement climatique. Devant ses homologues, le GPE a présenté 3 programmes phares : Jason 3, SWOT et enfin le programme Microcarb. Ce furent des échanges enrichissants. Personnellement, je suis heureuse de constater que de plus en plus de Parlements dans le monde s’intéressent aux questions spatiales. C’est le signe, je l’espère, d’une prise de conscience forte de la part des parlementaires et, à travers eux des citoyens, de l’impact grandissant du spatial dans notre vie de tous les jours. Cela renforce encore plus le rôle que le Parlement doit jouer pour renforcer la cohésion et la coopération entre les puissances spatiales.

Au niveau européen, 2015 c’est des grandes avancées pour l’Europe spatiale. C’est le déploiement de Galileo. Les 11 et 12èmes satellites de la constellation se sont déployés le mois dernier et nous pouvons espérer recevoir les premiers services à la fin de cette année avec 4 autres satellites, le déploiement total étant prévu pour 2017.

C’est aussi le succès de Rosetta. Nous avons suivi avec attention et souvent avec émotion les exploits de Philae. Et il semblerait que le robot ait fini sa mission. Il reste maintenant à analyser toutes les informations que Rosetta nous a transmises et espérons de belles avancées pour la science.

Au-delà des succès diplomatiques et scientifiques, 2015 est aussi une très belle année sur le plan des lancements et des commandes.

C’est aussi un cru exceptionnel pour Arianespace ; 12 lancements réussis avec toute la gamme des lanceurs, Ariane 5, Soyouz et Vega depuis le centre Spatial guyanais, soit 21 satellites mis sur orbite, et un chiffre d’affaires record !

A l’heure des doutes et des questionnements concernant l’avenir de l’Europe des lanceurs, Arianespace démontre une fois encore que non seulement nous sommes plus que jamais dans la course mais que nous sommes leaders ! Les 33 nouvelles commandes signées en 2015 augurent un avenir serein !

Les lanceurs c’est aussi la mise en place de la société ASL (Airbus Safran Launchers) et je salue Alain Charmeau, son président ici présent. Nous savons que l’organisation ad hoc d’une telle structure n’est jamais simple. Au nom des membres du GPE j’appelle de mes vœux à l’achèvement de ce qui a été décidé au niveau ministériel à Luxembourg.

Je pense également au projet d’installation du pas de tir d’Ariane 6 sur le site de la roche Christine au CSG. Le chantier se déroule bien, réalisé sous la maitrise d’œuvre du CNES, avec un effort d’intégration des entreprises locales et la formation et l’insertion de 14 jeunes guyanais.

Le CSG, qui a fêté ses 50 ans cette année, est sans aucun doute une fierté pour la Guyane, une fierté pour la France et une fierté pour l’Europe. Son efficacité et ses performances tiennent à ses femmes et ses hommes de l’ESA, du CNES, d’Arianespace, de l’Industrie spatiale mais aussi de la Base, pour la plupart de Guyane, mais qui intègre aussi des compatriotes européens.

Sa modernisation et son amélioration de compétitivité est une nécessité qui doit se faire en respectant la stabilité sociale de la base.

Mais le CSG ne pourra se développer que si la Guyane se développe. Le Pacte d’Avenir est donc une nécessité pour la Guyane, mais aussi pour le CSG.

2015 est aussi d’une certaine façon l’année des constellations de satellites. C’est une formidable opportunité pour nos entreprises. On pense évidemment à One Web et au doublon européen qui consacre à la fois Airbus Defense and Space pour la construction des satellites et Arianespace qui s’est vu confier le déploiement de la constellation, mais aussi à Iridium, Leosat , O3B pour Thales Alenia Space. Ce sont de grands succès pour l’industrie spatiale européenne. Tout va très vite, il faut être réactif, vigilant, anticiper les évolutions ou même les possibles ruptures technologiques. C’est pourquoi au mois de juillet dernier une délégation du GPE s’est rendue aux Etats Unis afin d’échanger au niveau institutionnel et privé sur les récentes évolutions du secteur spatial. Cette mission nous a confortés dans notre souhait de voir se développer davantage en France des services, des applications et des start-ups dans le secteur spatial, si stratégique pour le futur (évoquer la mission de Geneviève)

Avant de faire un peu de prospective et d’aborder les prochains défis que nous aurons tous ensemble à relever pour 2016, je souhaiterais vous dire quelques mots sur ce que le GPE a fait en 2015.

Depuis sa création, le GPE s’est donné plusieurs objectifs dont le premier est celui d’informer nos collègues sur les réalités du secteur spatial. Cette information, c’est d’abord auprès de vous, qui représentez les différentes agences et les entreprises, que nous la trouvons. C’est grâce à ce travail en commun, à cette confiance que nous avons su développer entre nous, que nous avons pu au GPE informer régulièrement nos collègues sur les enjeux du secteur spatial et obtenir chaque jour un peu plus leur adhésion.

Je remercie le Président du CNES, cher Jean-Yves, pour ton soutien sans faille et pour le travail remarquable de tes collaborateurs à Paris, à Toulouse, en Guyane mais aussi en poste à l’étranger. Leur collaboration est toujours une aide précieuse dans la préparation de toutes nos missions.

Je remercie messieurs Jean-Loïc Gall, François Auque et Stéphane Israël, ainsi que leurs équipes. Soyez assurés que nous serons toujours présents et attentifs pour vous écouter et débattre.

Le GPE était également présent au rendez-vous annuel qu’est la Conférence Interparlementaire Européenne sur l’Espace qui rassemble 11 pays membres de l’ESA. En 2015 c’est l’Espagne qui en assurait la Présidence. Nos collègues espagnols avaient choisis comme axe de réflexion : « la gouvernance de l’Europe spatiale ». Vaste sujet ! Les débats ont été animés !Mais au-delà des divergences qui peuvent exister, nous sommes tous convaincus que l’Europe spatiale doit être soutenue par la volonté de tous – Etats membres, Agences et Commission européenne – Tous ensemble nous devons trouver une gouvernance acceptable et efficace, qui nous permette d’élaborer et de mettre en œuvre une politique spatiale européenne. Celle-ci doit porter en elle de grands projets, seuls capables de susciter l’élan et l’adhésion nécessaire de nos compatriotes.

Cette réflexion est d’autant plus nécessaire, je pourrais même dire urgente, dans un contexte où la concurrence internationale n’a jamais été aussi forte.

2015 c’était aussi le Bourget ! Nous avons répondu présents. Comme à chaque fois ce fut un immense plaisir pour le GPE de s’y rendre, de prendre le temps de venir vous voir, de discuter avec vos équipes, de voir d’une certaine manière comme tous les citoyens qui se sont rendus sur le Salon, le futur se déployer devant nous. Je tiens à remercier particulièrement le GIFAS pour l’organisation de cette journée, je sais que cette semaine est intense et nous sommes d’autant plus sensibles à l’attention qui nous a été portée.

Nous avons aussi poursuivi nos auditions que je considère plus comme des échanges entre vous et nous, l’occasion d’approfondir des sujets et peut être parfois de trouver des solutions.

Cette année nous avons également mis en place de nouveaux instruments informatiques afin de faciliter l’échange d’informations au sein du Groupe.

Je tiens à saluer tout particulièrement notre 1er Vice-Président, Alain Gournac, pour sa disponibilité et son implication.

2015 s’achève donc sur une série de beaux succès. Que devons-nous espérer pour 2016 ?

Au-delà du spatial je vous souhaite tout d’abord une année de paix et radieuse…

Pour le spatial, 2016 devrait aussi être un grand cru. J’aimerais, en ces temps de profondes incertitudes et parfois d’angoisse placer cette nouvelle année sous le sceau de l’optimisme et du progrès. Nous avons devant nous de grands défis et autant de projets enthousiasmants. Nous devons voir toujours plus loin, toujours plus haut.

Nous l’avons vu la science avance vite, la technologie évolue et chaque progrès dans le monde doit nous encourager à aller de l’avant à être créatif, à nous dépasser. Le CNES et Airbus Defense and Space travaille déjà sur un moteur réutilisable en vue de faire encore baisser le coût des lanceurs, de son côté Thales Alenia Space a développé le premier Avion Spatial Expérimental (IXV = Aïe Ex Vi), le véhicule de rentrée atmosphérique …cela prouve que l’industrie spatiale européenne n’a pas de complexe à avoir, que nos ingénieurs sont prêts non seulement à relever les défis mais aussi à en créer, cela s’appelle l’émulation ! A nous tous de savoir montrer notre valeur au monde entier et de trouver les supports de communications pour diffuser cette excellence.

Au cours des deux dernières années, le cinéma nous a offert de magnifiques exemples de support de communication, avec pas moins de 3 films majeurs « Gravity », « Interstellar » et « Seul sur Mars » qui ont permis au grand public de rêver et d’appréhender l’espace avec intérêt et passion.

Voir plus loin c’est aussi penser à Thomas Pesquet qui partira en novembre pour l’ISS pour une mission enthousiasmante de six mois. Il incarne une nouvelle génération d’astronautes, celle qui n’a pas assisté à l’arrivée de l’homme sur la Lune mais qui veut aussi écrire l’histoire, celle qui rêve de Mars et qui regarde toujours plus loin…

Plus loin ce sera aussi la mission européenne Exo mars qui devrait partir au mois de Mars et que nous suivrons avec intérêt.

Le Climat ne sera pas oublié avec le lancement de nouveaux satellites Sentinelles pour Copernicus ce mois-ci et en Mai. Avec Galileo et Copernicus l’Europe se dote de programmes souverains au service du citoyen. C’est l’Europe spatiale qui prend corps.

Enfin, 2016 sera l’année de la prochaine Conférence ministérielle de l’ESA.

Il faudra se mobiliser, réfléchir et recréer un esprit commun et solidaire pour que cette Conférence soit un succès.

Pour finir et pour paraphraser Jacques Brel je vous souhaite à tous « des rêves à n’en plus finir et surtout l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns »

Je vous remercie.

Chantal BERTHELOT

Présidente du Groupe des Parlementaires pour l’Espace

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